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Faux ! D'autant que cette affirmation, en dépit des idées reçues, contient
non pas un mais trois contre-sens historiques.

Charles Martel, par DEBAY, château de Versailles, Versailles.
Depuis l'apparition de l'islam dans la péninsule arabique,
au début du VII° siècle, les musulmans s'étaient
emparés de nombreux territoires.
En effet, ces derniers
avaient réussi, en l'espace d'un siècle, à conquérir l'Arabie,
la Perse, le Proche-Orient, l'Egypte, l'Afrique du nord et
l'Hispanie. wisigothique.
Traversant les Pyrénées à compter de 718, les musulmans avancèrent en direction de la Septimanie (actuel Languedoc), dernière région sous contrôle des Wisigoths.
S'emparant de Narbonne, les envahisseurs annexèrent finalement cette province en 720.
Au cours des années qui suivirent, les musulmans lancèrent plusieurs raids en direction de la Provence et de la vallée du Rhône. Au printemps 732, Abd al-Rahman, gouverneur d'Espagne, décida de lancer une expédition contre la Gaule.Eudes, duc d'Aquitaine, menacé par les envahisseur, décida alors de faire appel à Charles, duc d'Austrasie.
Suite à la prise de Bordeaux,
Abd al-Rahman poursuivit sa progression en direction de Tours, où se trouvait la riche basilique Saint-Martin, principal sanctuaire des Francs depuis Clovis.
Charles, rentré de Germanie, préféra attendre que l'ennemi soit gorgé de butin
(afin de réduire sa mobilité) avant de donner l'assaut.
L'Europe vers 750 (vous pouvez faire un "clic droit" pour zoomer sur la carte).
Le premier contre-sens historique provient du qualificatif employé pour désigner l'expédition de 732.
Ainsi, il n'y eut pas d’invasion arabe, car la majorité des participants étaient des Berbères, originaires d'Afrique du nord (ce nom provient de l'arabisation du mot « barbare », désignant à l’origine un peuple n’étant pas de culture grecque ou romaine).
C'est pour cette raison que les historiens préfèrent aujourd'hui employer le terme d'invasion musulmane.
En outre, les envahisseurs étant mal connus par les Francs, et furent donc qualifiés de Sarrasins par les chroniqueurs de l'époque (ce terme, hérité du latin Sarracenus, désignait un peuple nomade d’Arabie du II° siècle après
Jésus-Christ).
Au cours du Moyen âge, les musulmans furent aussi surnommé les infidèles,
ces derniers n’ayant pas épousé (voire renié pour certains) la religion catholique.
A noter enfin que les mots « musulman » et « islam » ne firent leur apparition dans la langue française qu’à compter du XVII° siècle.
Une deuxième erreur concerne la date de l'affrontement entre Francs et musulmans.
Traditionnellement, les livres d'Histoire mentionnent que la bataille de Poitiers
aurait été livrée le samedi 17 octobre 732.
Toutefois, le calendrier julien ne comporte pas de samedi 17 octobre en 732.
Il ne comporte qu'un samedi 25 octobre 732 ; ainsi qu'un samedi 17 octobre 733.
Les chroniques, quant à elles, sont peu précises,
indiquant seulement que la bataille avait été livrée un samedi du mois d’octobre.
La bataille de Poitiers se serait donc déroulée non pas le samedi 17,
mais bien le samedi 25 octobre 732.

La bataille de Poitiers, par Charles STEUBEN,
XIX° siècle,
château de Versailles, Versailles.
Abd al-Rahman ayant été tué au cours de l'affrontement, les musulmans furent contraints de reculer jusqu'aux Pyrénées. Charles, quant à lui, recevant le surnom de Martel, profita de la retraite des envahisseurs pour recevoir la soumission de l’Aquitaine.
Cependant (il s'agit là du troisième contre-sens historique), si le duc d'Austrasie avait remporté la bataille de Poitiers, il n'avait pas arrêté l'invasion musulmane, car les envahisseurs conservaient encore leurs territoires en Septimanie.
En outre, les musulmans lancèrent plusieurs raids contre l'Aquitaine et la Provence au cours des années qui suivirent, s'emparant d'Arles et d'Avignon en 735.
A cette occasion, les envahisseurs nouèrent des relations diplomatiques
avec Mauronte, duc de Provence
Après plusieurs expéditions infructueuses,
les musulmans furent chassés de Provence en 739 ;
cependant, ce n'est qu'en 759, sous le règne de Pépin III,
fils de Charles Martel, que la Septimanie fut reconquise.
A noter que les musulmans ne furent pas en mesure de riposter,
car le califat omeyyade fut agité par une série de crises au cours du VIII° siècle,
ce qui entraina son morcellement.
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